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Le G20 attend-il une nouvelle crise alimentaire pour agir ?

Mardi 16 octobre, journée mondiale de l’Alimentation, une réunion de haut niveau sur le bilan de la mobilisation internationale contre la volatilité des prix des denrées alimentaires doit se tenir à Rome. 1 an après l’adoption d’un plan dédié au G20 de Cannes, et malgré les alertes constatées cet été, la mise en œuvre de mesures concrètes pour éviter une nouvelle crise est laborieuse. 

Aujourd’hui la faim stagne au niveau mondial et progresse même dans certaines régions, particulièrement en Afrique Sub-saharienne. Chaque année, 3,5 millions de décès parmi les femmes et les enfants sont causés par la malnutrition. On estime qu’environ 100 millions de personnes supplémentaires sont devenues sous-alimentées suite aux hausses des prix alimentaires depuis 2008. C’est d’ailleurs depuis 2008, comme le montrent les chiffres publiés la semaine dernière par la FAO, que la faim a cessé de reculer au niveau mondial, alors que la tendance était en forte baisse depuis les années 1990.

 

En présence d’une quinzaine de ministres de l’agriculture , la réunion convoquée le 16 octobre par la France et la FAO à Rome doit faire le bilan de la mise en œuvre du plan d’action du G20 sur l’agriculture et la volatilité des prix adopté en novembre 2011. Il est certes positif qu’une telle réunion puisse se tenir alors que les tensions sur les marchés agricoles se font sentir depuis déjà juin dernier. Cependant, malgré la volonté politique de la France d’en faire une réunion importante, la réticence d’autres pays membres du G20 et de la FAO est forte. Ainsi, le format de la réunion est déjà décevant puisque tous les membres du G20 ne seront pas représentés au niveau ministériel. 

 

Sur le fond, le bilan du plan G20 est extrêmement faible par rapport à l’ambition politique affichée à l’époque. En effet, les outils créés il y a un an pour améliorer la transparence des marchés agricoles et favoriser la coordination des Etats face aux hausses des prix ne fonctionnent pas.

 

 

Enfin, d’autres questions pourtant déterminantes dans la hausse tendancielle et la volatilité des prix alimentaires et agricoles n’ont toujours pas été mises à l’agenda :

Alors que la vulnérabilité nutritionnelle de près d’1/8 de l’humanité a été rappelée il y a moins d’une semaine par la FAO, les pays membres du G20 semblent tout mettre en œuvre pour ne pas éviter une prochaine crise alimentaire majeure.